par helios
publié dans :
revue de presse
par helios
publié dans :
photos
par helios
publié dans :
revue de presse
par helios
publié dans :
les vidéos
par helios
publié dans :
revue de presse
par helios
publié dans :
revue de presse
par helios
publié dans :
revue de presse

Quebecor n’est pas mort !
deux repreneurs sont même en vue
La “ trêve des imprimeurs ” chez Quebecor-Hellemmes a été précédée d’une nouvelle journée d’action. Barrage filtrant, expulsion de militants FN qui espéraient entrer dans l’usine, et annonce… d’un possible repreneur, début janvier. La direction de Quebecor-France est d’accord. La direction canadienne suivra-t-elle ? Reportage.
Vendredi 22 décembre. Il est 9 h30 chez Quebecor à Hellemmes. Jean Verschuren, mégaphone en main, s'adresse à ses collègues. C'est une journée importante. Les délégués du comité d'entreprise ont rendez-vous dans une demi-heure à la Direction départementale du travail (DDT). Pour négocier le Plan Social, mais surtout pour avoir une réponse à la question que tous les salariés ont en tête depuis deux mois : fermeture définitive ou reprise du site ? "Pendant que nous serons à la DDT, on vous propose de poursuivre l'action. Nous allons vous distribuer une enveloppe dans laquelle est indiqué le lieu de l'initiative de ce matin. Nous avons tenu à garder le secret jusqu'au dernier moment, pour éviter le comité d'accueil. En tous cas, faites gaffe les gars, ça se passe sur la voie publique, alors assurez-vous bien de la sécurité de tout le monde." La prise de parole est terminée. Patrick -"Monsieur sécurité" - qui veillait jusqu'alors jalousement sur les enveloppes contenant la précieuse information, entame la distribution. "Action Vendredi 22 décembre 2006. Rendez-vous Centre Commercial V2. Parking niveau bas. Distribution de tracts. Blocage du Rond-point devant Norauto." C'est parti. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les Quebecor investissent la rue Chanzy. Tandis que les élus au CE quittent là leurs collègues pour se rendre à la négociation, un cortège se forme direction le métro. Les salariés s'engouffrent dans les rames : "On sort à Hôtel de Ville !"
Tout commence par une distribution d’enveloppes…
Dix minutes plus tard tout le monde est sur le parvis de la mairie de Villeneuve d'Ascq. Pour atteindre le rond-Point, le plus simple, c'est de traverser V2. Dernière recommandation avant d'entrer : "Bon les gars, on ne claque pas de pétards dans la galerie marchande, il y a des gamins !" Qu'à celà ne tienne, ils entrent en chantant. 'Non, non, non, non, Quebecor il est pas mort ! Non, non, non, non, Quebecor il est pas mort ! Car on lutte encore ! Car on lutte encore!" Joyeux raffut dans les allées. Regards bienveillants des clients. Tout le monde sort, il s'agit maintenant d'occuper le fameux rond-point. Au départ, ça cafouille un peu. "On bloque ou on filtre? Et les tracts, ils sont où ?" Petit moment de flottement qui provoque de suite un "sacré b..." Les barrières de protection des travaux de voirie trouvent vite un autre usage... Elles serviront de barrage. Bon, mieux vaut ne pas bloquer, les clients d'Auchan n'apprécient pas trop, et le but de la manœuvre, ce matin, n'est pas de provoquer un incident mais de continuer à sensibiliser la population. "On laisse passer les automobiles une à une, et on donne un tract !" Quelques salariés sont venus, le coffre de leur voiture empli de pneus. Un grand feu de joie embrase le rond-point. "C'est juste histoire qu'on ne prenne pas froid !" A peu près à ce moment là, quelques voitures à girophares bleus se montrent. "Le téléphone du préfet est en train de chauffer", paraît-il. Forcément, à trois jours de Noël, gripper la mécanique bien huilée d'un centre commercial comme celui-là, et taper dans le chiffre d'affaires, cela doit fâcher. Les pompiers ont été appelés, pour rien évidemment. Ils ne vont pas sortir la lance à incendie pour quelques ronds de caoutchouc qui flambent. Comme le filtrage se passe plutôt bien, et que les gens se montrent compréhensifs, la police observe. Un agent glisse à un de ses collègues : "Y'en a bien un qui va sortir pour leur mettre sur la figure ? Ca va mal finir"... Et bien non. Un peu d'énervement parfois, mais rien de plus.
Le téléphone du préfet se met à chauffer
A quelques mètres de là, les salariés d'Orange Villeneuve d'Ascq sont en pleine journée d'action également. Prévenus de l’arrivée des Quebecor, ils décident de débrayer et quittent leur bâtiment pour passer dire un petit bonjour aux manifestants, avant de se rendre à la direction Régionale de France Telecom. Leurs négociations salariales n'avancent pas. Bref, les retrouvailles font plaisir à tout le monde. Les salariés des deux entreprises sont en contact depuis plusieurs semaines. Le temps de discuter un peu et de chanter un chaleureux "Tous ensemble ! Tous ensemble !", les salariés d'Orange partent en délégation réclamer leur dû à FT. Déjà une heure et demie que les Quebecor sont installés. Apparemment, ça commence à bien faire. Les policiers se rassemblent, ils ont reçu l'ordre d'interpeller. C'est le moment que choisissent les salariés pour se rassembler au milieu du rond-point et décider la levée du siège. "Allez, on rentre en manif à l'usine !" Personne n'a encore eu de nouvelles des délégués. Si l'initiative du matin a permis d'évacuer un peu de stress, l'appréhension quant à l'issue des négociations est bien présente. A mesure que les salariés approchent "de la maison", le silence s'installe et les visages se ferment. Il est presque 12h30 lorsque les Quebecor reviennent au point de départ. A 13 h doit débuter, comme chaque vendredi l'assemblée générale du personnel.
“ Le FN, on n'en veut pas chez nous! ”
Des petits groupes se forment. Certains préfèrent s'isoler. Les uns mangent un morceau, les autres jouent à la belote ou discutent… L'attente semble interminable. Soudain, un salarié, hors d'haleine, surgit dans la salle de pause. "Descendez, il se passe quelque chose dehors ! Dépêchez-vous !". La vingtaine de gars qui occupaient la pièce se lèvent comme un seul homme, dévalent les escaliers, traversent la cour. Il y a un attroupement derrière la barrière, ça chauffe. "Que se passe-t'il ? " "Le FN !". Trois militants d’extrême-droite sont là. Ils distribuent des tracts sur lesquels on peut lire "Non à la fermeture de Quebecor". Ils veulent entrer pour "discuter". Pour les Quebecor, c’est "Hors de question !". "Dégagez, on ne veut pas de vous ici !" Les militants du FN insistent, le ton monte. Ca crie. "Barrez-vous!" Ca se bouscule, jusqu'à ce que l'un des trois prenne peur et sorte une espèce de bombe lacrymo. Il gaze un des salariés en pleine figure. Cette fois c'en est trop. Un coup de poing vole, les noms d'oiseaux fusent. Les militants du FN sont virés par les salariés excédés. "Ils viennent faire du racolage sur la misère des gens, bombes de gaz dans la poche ! Quelle honte ! On n'en veut pas chez nous! "Il faudra un long moment pour que le calme revienne, mais les salariés sont fiers de les avoir chassés. Finalement, l'annonce du début de l'assemblée générale met fin aux discussions sur l'incident. Il est 13 h30.
Peu à peu, la boîte lâche du lest
Les élus au comité d'entreprise, CGT et FO, sont revenus. Tout le monde essaie de deviner sur leurs visages ce qui s'est passé. Personne n'a eu le temps de discuter avec eux. Jean, Greg, Olivier... semblent sereins. Jean prend la parole. D'abord, il remercie les salariés d'avoir fait le choix "d'interdire l'entrée de l'usine au Front National". "Ce ne sont pas des gens fréquentables pour la classe ouvrière". Après des applaudissements nourris, il entre dans le vif du sujet. Concernant les négociations sur le Plan social, les choses avancent. Jean rappelle que la réunion de négociation préliminaire de la veille avait mal commencé. "Ils nous reprochent notre mobilisation. Mais il faut croire qu'elle pèse dans le débat, cette mobilisation. Il y a quelques jours, on nous menaçait de déposer le bilan, là il n'en est plus question. Ils ont essayé de nous faire peur, mais ça n'a pas marché ! ” Les négociations ont, cette fois, vraiment commencé. De nettes améliorations ont été obtenues sur les mesures d'âge, même si elles ne correspondent pas encore aux revendications du personnel. L'allocation temporaire dégressive légalement plafonnée à 200 euros, est doublée à 400 euros. Une négociation va démarrer sur les intérimaires et leur indemnisation. L'enveloppe pour l'aide à la création d'entreprise est augmentée à 15.000 euros. Le budget formation est également revu à la hausse (3.500 euros par salarié) et approche du montant global des 800.000 euros exigés par les salariés. Les contrats de travail seront maintenus jusqu'au 30 juin 2007. Le 12 octobre, lors de l'annonce de la fermeture, le PDG Yvan Lesniak informait le personnel que les premières lettres de licenciement arriveraient dès le 18 décembre. Pour la prime extra-légale, c'est évidemment plus compliqué. "C'est une vraie bataille stratégique. Chacun avance ses pions", explique Jean Verschuren. Peu à peu, la boîte lâche du lest. La proposition qu'elle formule est encore bien loin des exigences des salariés, mais "c'est le jeu de la négociation". "Ils nous proposent 25.000 euros par personne reprise ou pas. Et proposent 35.000 à ceux qui seraient volontaires pour partir". Les élus précisent que la négociation durera jusqu'au 31 janvier. Pour eux, "ce n'est que le début, il reste du chemin à parcourir", notamment au sujet de la prime extra-légale, du traitement des intérimaires, de la durée du congé de reclassement... "Et la mobilisation sera un élément déterminant lors de chacune des réunions".
Deux projets de reprise jugés très sérieux
Les salariés mesurent le poids qu'ils ont dans les discussions, et ce qu'ils ont fait avancer depuis deux mois et demi. Le dernier point abordé, et non des moindres, concerne la reprise. Et c'est plutôt une bonne nouvelle. "Les deux projets de reprise ont été jugés très sérieux, l'un d'eux serait même bien avancé, avec des propositions très concrètes. Les lettres d'intention des prétendants vont arriver sous peu. Nous sommes désormais en attente de validation du projet par la direction canadienne. Elle interviendra début janvier", commente Jean. La vigilance reste de mise. "Dès que nous aurons la réponse, nous nous mettrons immédiatement en rapport avec le repreneur. Pas question de baisser la garde. La partie est loin d'être gagnée. Il nous faudra évaluer la surface financière du repreneur. Quel amortissement des frais fixes, quelle stratégie commerciale ? Nous savons que pour fonctionner il faudra un chiffre d'affaires annuel de 15 millions d'euros. D'ores et déjà deux clients ont affirmé vouloir continuer à faire produire à Hellemmes, Hachette et Les 3 Suisses, cela représente environ 1/3 des besoins de fonds de roulement." Bref, rien n'est laissé au hasard par les Quebecor qui semblent également se trouver des alliés inattendus. Jeudi dernier, une table ronde sur l’avenir d’HDQ se tenait à Hellemmes avec de nombreux acteurs économiques de la région. "Nous y avons retrouvé le directeur du salon de la vente à distance où nous nous étions invités en octobre au Grand Palais. Il semble qu'il s'apprête à nous aider. Nos interlocuteurs semblent attachés à notre dossier. Jusqu'au bout c'est notre détermination à faire vivre le site qui pèsera dans les prises de décision", conclut le délégué syndical. Les sourires sont revenus sur les visages des Quebecor, qui se quittent pour leur "trève des imprimeurs", en chantant et en applaudissant aussi fort qu'ils le peuvent. En n'oubliant pas toutefois de noter dans leurs agendas une virée à Paris, chez leurs patrons, début janvier.
Isabelle GUETRELLE
par helios
publié dans :
revue de presse
par helios
publié dans :
les réponses des politiques
Article ICI
par helios
publié dans :
revue de presse
Les Quebecors








