De nouveau à Lille. On fonce après le boulot (pas trop à cause des radars), jusqu’à Lille. Cette fois-ci, nous avons le temps, avec les salariés de Quebecor, de faire le tour de l’entreprise. A l’intérieur, c’est bluffant. Les bécannes sont absolument démesurées, regroupées sur deux étages. Les bobines de papier pèsent juste plus de trois tonnes et mesurent plus de deux mètres. L’entrepot qui stocke ces dernières, empilées les unes sur les autres, comme de simples rouleaux de papier, constituent évidemment le trésor de guerre des travailleurs. Quand on connait le prix du papier, on se dit forcément que la direction de Quebecor doit un peu s’inquieter de cette richesse qui n’est pour le moment plus entre ses mains. La visite est chaleureuse, militante, mais aussi "quasiment professionnelle" tellement les gars sont fiers de présenter leur savoir faire (de la plieuse jusqu’au tableau de bord électronique dans l’aquarium, toute la chaine de fabrication m’est expliquée). Après, on reprend nos bonnes vieilles habitudes et nous partons tous ensemble en manifestation dans le centre de Lille. Comme la dernière fois, le défilé sait se faire bruyamment entendre, dans le métro, comme dans la rue. Il y a visiblement des artificiers aussi performants qu’à Coliposte. En fin d’après-midi, je rencontre une délégation de plus d’une dizaine de métallurgiste de différents sites de la région. On parle beaucoup évidemment de l’industrie automobilie, notamment de la destruction d’emplois chez les équipementiers. On discute licenciements, salaires, syndicalisme. Mais on échange surtout sur la politique et sur la façon de faire entendre dans ces élections la voix de ceux et celles que l’actualité politique et médiatique rendent invisibles alors qu’ils représentent pourtant près de 10 millions de salariés, c’est à dire la classe ouvrière. La journée se termine en beauté, par un meeting réussi regroupant plus de 400 personnes avec un public tassé dans la salle, jeune, populaire, multicolore. Le débat, malheureusement trop court, revient une fois de plus sur le pouvoir d’achat, l’écologie, l’immigration et les candidatures unitaires. Des lycéens, venus en nombre, expliquent le combat qu’ils mènent pour empêcher l’expulsion de l’un des leurs, du lycée jusqu’à la préfecture. C’est l’occaion de constater que l’activité du "Réseau Education Sans frontières" ne fait peut être pas la une de l’actu mais continue pourtant de se développer sur le terrain, dans les écoles et les quartiers. Sur le social, un intervenant propose de rémunérer au SMIC tous les élus politiques, histoire d’avoir la garantie qu’ils augmentent vraiment pour une fois les salaires.
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Quelque chose de pourrie au royaume de Quebecor
4 décembre 2006
Enfin la solidarité porte ses fruits. Les rencontres inter-syndicales entreprises depuis quelques semaines aboutissent en des gestes de solidarité qui font vraiment plaisir. Après les travailleurs de Vidéotron qui ont, en assemblée générale, voté une résolution pour nous venir en aide, c’est le tour des journalistes du Journal de Montréal à faire de même.
Cela fait chaud au cœur, et ce n’est qu’un début. Ce matin nous rencontions les travailleurs de TVA, qui, eux aussi, nous ont promis une aide substantielle. Tous se rendent compte que notre bataille est aussi la leur. Tous connaissent la machine à laquelle ils ont ou auront à faire face. N’a-t-on pas appris la semaine dernière que le Toronto Sun licenciait 16 employés de la rédaction? Mais Quebecor promet qu’il n’y aura plus de licenciements, nulle part dans ses journaux. Peut-on croire la parole de quelqu’un qui ne respecte pas sa signature?
Nous avons appris aussi qu’à Lima, au Pérou, les travailleurs d’une imprimerie de Quebecor venaient de former un syndicat et qu’ils s’apprêtaient à négocier une première convention collective. Nous leur souhaitons longue vie.
À Lille nous savons que les Quebecor sont toujours mobilisés et sont déterminés, après deux mois de lutte, à sauver leur outil de travail.
C’est à croire qu’il y a quelque chose de pourrie au royaume de Quebecor, et ce ne sont pas ses travailleurs.



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4 décembre 2006
Enfin la solidarité porte ses fruits. Les rencontres inter-syndicales entreprises depuis quelques semaines aboutissent en des gestes de solidarité qui font vraiment plaisir. Après les travailleurs de Vidéotron qui ont, en assemblée générale, voté une résolution pour nous venir en aide, c’est le tour des journalistes du Journal de Montréal à faire de même.
Cela fait chaud au cœur, et ce n’est qu’un début. Ce matin nous rencontions les travailleurs de TVA, qui, eux aussi, nous ont promis une aide substantielle. Tous se rendent compte que notre bataille est aussi la leur. Tous connaissent la machine à laquelle ils ont ou auront à faire face. N’a-t-on pas appris la semaine dernière que le Toronto Sun licenciait 16 employés de la rédaction? Mais Quebecor promet qu’il n’y aura plus de licenciements, nulle part dans ses journaux. Peut-on croire la parole de quelqu’un qui ne respecte pas sa signature?
Nous avons appris aussi qu’à Lima, au Pérou, les travailleurs d’une imprimerie de Quebecor venaient de former un syndicat et qu’ils s’apprêtaient à négocier une première convention collective. Nous leur souhaitons longue vie.
À Lille nous savons que les Quebecor sont toujours mobilisés et sont déterminés, après deux mois de lutte, à sauver leur outil de travail.
C’est à croire qu’il y a quelque chose de pourrie au royaume de Quebecor, et ce ne sont pas ses travailleurs.



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Confidentiel : 2 projets de reprise pour l'imprimerie hélio Quebecor Hellemmes (59)

Selon nos informations, deux projets de reprise de l'imprimerie nordiste promise à la fermeture seraient parvenues à la direction du groupe canadien d'imprimerie.
Selon nos sources, ces deux offres n'émaneraient pas d'imprimeurs mais de fonds d'investissement. Une démarche à suivre car vu les sur-capacités de production que l'on constate en Europe dans le secteur de l'hélio et vu le parc machines d'Hellemmes, qui ne fait plus le poids face aux dernières rotatives grande et très grande laize, une reprise de l'usine constituerait un pari industriel particulièrement audacieux.
Antoine Gaillard © www.Graphiline.com

Selon nos informations, deux projets de reprise de l'imprimerie nordiste promise à la fermeture seraient parvenues à la direction du groupe canadien d'imprimerie.
Selon nos sources, ces deux offres n'émaneraient pas d'imprimeurs mais de fonds d'investissement. Une démarche à suivre car vu les sur-capacités de production que l'on constate en Europe dans le secteur de l'hélio et vu le parc machines d'Hellemmes, qui ne fait plus le poids face aux dernières rotatives grande et très grande laize, une reprise de l'usine constituerait un pari industriel particulièrement audacieux.
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